Amandine Rousguisto

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photo réalisées par Francois Fernandez lors de l’exposition Le choeur de l’aube au CIAC

P’tits Bonheurs de l’étymologie
Etude à la gouache puis assemblage de tissus recréés ou trouvés correspondant aux détails de certains tableaux de la galerie des Office de Florence

« Le tableau est ici perçu non pas comme objet esthétique, représentation symbolique d’un ou plusieurs personnages mais comme objet d’emblée pris dans son caractère d’irréel, c’est-à-dire produit de l’imaginaire du peintre. Les figures féminines parées de tenues élégantes et sophistiquées sont figées hors du temps, de l’espace et du monde sur la toile, par la créativité du peintre, produit de son image mentale et de sa traduction dans les coups de pinceaux et le choix des couleurs. L’appel à l’imaginaire du spectateur devant la toile invite à ressaisir ce qui est absent mais évoqué par le tracé et les couleurs de la reprise artistique proposée : le caractère sensuel de la matière figurant les différents tissus utilisés dans les tenues.
Les analogons produits en retour par la nouvelle lecture de ces œuvres reconstruisent des objets imaginaires (vêtements) à partir de matière concrète, perceptible non plus dans l’espace de la toile du tableau mais en trois dimensions. L’imaginaire s’attarde alors encore davantage sur le plaisir sensoriel de la perception, point de vue sur la peinture, parti-pris sur l’œuvre. Ce que nous renvoie cette lecture matérialisée par les pièces de tissus reproduisant la peinture c’est une possibilité de s’extraire de nouveau du réel de l’objet pour nous tourner vers l’imaginaire qui reconstruit à partir de nos sensations une image irréelle.
La pièce de tissu analogon de la peinture tente la liberté de percevoir dans le réel l’objet irréel présenté dans le tableau, elle est jeu d’évocation empruntant un chemin transgressif entre l’apparition, le perçu et l’intouchable, c’est-à-dire l’imagination et le plaisir sensoriel auxquels nous sommes alors doublement renvoyés. »

Texte de Anne D’Anjou


Here, the painting is not perceived as an aesthetic object or a symbolic representation of one or more figures, but as an object defined from the start by its unreal quality, a product of the painter’s imagination. The female figures, dressed in elegant and sophisticated attire, are frozen outside time, space, and the world on the canvas, shaped by the painter’s mental image and expressed through brushstrokes and color choices.
The viewer’s imagination is invited to grasp what is absent yet suggested by the lines and colors of the artistic reprise: the sensual quality of the material representing the various fabrics. The analogs produced by this renewed reading reconstruct imaginary objects (garments) from concrete matter, now perceivable in three dimensions rather than on the canvas. The imagination lingers on the sensory pleasure of perception, offering a perspective on the painting and a stance on the work.

Text from Anne d’Anjou

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