

Abside et Ordonnée
2021-2023
Soie fin XIXe siècle, insolation aux rayons de lune, armure toile avec fils de Saint-Pierre
Dans Abside et Ordonnée, Amandine Rousguisto travaille une soie de la fin du XIXe siècle, d’une extrême fragilité. Le reprisage au fil Saint-Pierre devient un retissage destiné à retenir le délitement du textile. Chaque geste requiert une attention constante : trop ferme, la soie se déchire ; trop légère, elle échappe au contrôle. L’œuvre se construit dans ce dialogue avec la fragilité, équilibre précaire entre retenue et abandon, où chaque intervention est réparatrice. Marquant plusieurs jalons, cette pièce est la première à introduire la couleur comme donnée intrinsèque du matériau et à être pensée à l’horizontale, modifiant la relation du corps et du regard à l’œuvre. Elle comprend également pour la première fois un miroir, qui donne à voir l’envers du tissu et créé un effet d’espace. Le titre, en substituant « Abside » à « Abscisse », rompt avec la rigueur géométrique pour y introduire de l’organicité et un quelque chose qui nous dépasse.
Commissaire d’exposition et directrice du CIAC,
Christine Enet
In Abside et Ordonnée, Amandine Rousguisto works with a fragile late 19th-century silk. Darning with Saint-Pierre thread becomes a form of reweaving, preventing the fabric from disintegrating. Every gesture demands constant attention: too firm, the silk tears; too light, it slips from control. The work is shaped through this dialogue with fragility, a delicate balance between restraint and release, where each intervention is reparative. This piece marks several milestones: it is the first to introduce color as an intrinsic quality of the material and to be conceived horizontally, altering the viewer’s bodily relationship to the work. For the first time, it also includes a mirror, revealing the reverse of the fabric and creating a sense of space. The title, replacing “Abscissa” with “Abside,” breaks geometric rigor to introduce organic forms and something beyond the purely rational.
Exhibition curator and director of the CIAC,
Christine Enet